Billet humeur

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Il est 20h23, le soleil est toujours levé même si la lumière décline. Et ça fait du bien. Je me sens revivre, je sors de mon hibernation moral et physique. L’énergie, la fatigue mais l’énergie encore. La magie de la lumière. Le soleil réchauffe le cœur. Donne espoir aussi, je crois. Tu vois la période ulcérique ? Ouais tu vois. Celle où t’as mal au ventre. Avances, parce que vraiment la pas le choix. Dans le flou mais avance quand même. Ne laisse pas la peur, surtout cette peur là t’envahir. Des fois je me demande si c’est parce que j’ai été trop aimé gamine que j’ai la phobie de l’abandon et de l’angoisse. Mais laisse moi te dire une chose, tu ne m’anéantiras pas. Je recommencerais, je referais l’erreur, je souffrirais et j’aurais le plaisir de sentir la douleur s’effacer. Le temps. Les minutes qui passent. Encore et surement encore. Le flou s’effacera bientôt pour laisser place à la nouveauté ou à autre chose. Mon cœur vibrera encore. Les deux s’emmêlent. Et c’est le bordel, phobie de la douleur. Ne jamais ressentir ça, et pourtant. Plus jamais ? T’es sûre ?. Force et envie de s’écrouler, se cacher, se faire oublier. Envie de lâcher tu vois ce que je veux dire. Abandonner, sous la couette. Juste un peu de répit. Puis repartir, et avoir peur, et le vide, et la froideur, et le rien à l’intérieur. Je t’avais dit, période ulcérique. Mais en vrai t’y arriveras. Le mantra, lâcher la peur, lâcher la peur, laisse la partir. Aller. Ouais voilà, c’est pas mal, continu. Lâche la peur. Lâche la peur bordel. Et remplis toi. Rempli toi d’amour, des personnes merveilleuses autour de toi. N’oublis pas, le soleil est là. Et la période des fraises arrive bientôt. Alors tu vois bien, tout va bien.

Encre

 

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Hier je me suis faite tatouer, une nouvelle fois. A chaque fois, cet acte nourri une certaine réflexion, ce que m’a donné envie d’écrire dessus. Peut être pour y voir plus clair, mais aussi pour te faire partager le pourquoi du comment de l’acte de me faire tatouer.

Déjà j’ai envie de te dire ce que représente pour moi tout ce manège. Je compare le fait de se faire tatouer à l’expérience du riz. Tu sais cette expérience qui vise à montrer l’influence de l’esprit sur la matière : j’écris des choses positives sur mon corps. Même si je ressens le besoin de me faire tatouer dans un moment où ça ne va pas ce sera toujours avec une pensée positive. Et donc quelque chose qui va me faire du bien. De positif (oui je me répète, mais c’est important). Je suis persuadée qu’encrer ce genre de message sur ma peau a un impacte mélioratif sur mon corps et l’énergie qui y circule.

 

En plus de ça, se faire tatouer c’est aussi agir sur mon corps. Je n’ai pas choisi ma taille, ma morphologie, mon poids (ou du moins mon métabolisme), mes cheveux, leur couleur etc. Le tatouage me permet d’agir durablement sur mon corps et c’est une vraie thérapie. Je ne supportais pas mes cuisses, depuis qu’elles sont tatouées, je les vois vraiment autrement. J’ai valorisé une partie de mon corps que je n’aimais pas. Pareille pour mes bras. Hier j’ai tatoué le derrière de mon bras, sur le triceps (ouais le muscle tout mou là) ben quand je regarde mes deux bras, j’ai l’impression que celui qui est tatoué est plus mince, plus fin. C’est peut être ridicule mais tant pis. Ca me permet de me voir autrement et ça fait du bien. J’habille ma peau avec des dessins, je rends mon corps plus joli, plus à mon gouts avec des choses que j’ai choisi. C’est une façon de reprendre le contrôle et de le valoriser.

 

Pour finir, hier je me suis rendu compte de quelque chose qui est plus lié à l’acte en lui même. Se faire tatouer n’est pas anodin comme acte. Tu le sais, ça fait mal, ce sont des aiguilles, tu te blesses. Tu agresses ton corps, tu le mutiles. Et je pense qu’il y a une sorte d’expiation. J’ai mal, ça me fait du bien, ça fait sortir tout pleins de choses. Et c’est aussi un dépassement de soi. Je me souviens très de la première fois que j’ai mis les pieds chez mon tatoueur, j’en suis sortie avec mon premier tatoo, son rendez-vous n’étant pas venu. Je me souviens de la fierté. Du « je l’ai fait. Toute seule comme une grande, je l’ai fait » et ce sentiment revient à chaque fois. Ca c’est l’après, mais même pendant il se passe des choses. Ce moment où tu as l’impression que la douleur va devenir insupportable, mais que ce n’est pas toi qui a le dermographe en main. Ce n’est pas toi qui décide de quand ça s’arrête (sauf si tu le demandes parce que vraiment tu as trop mal hein, évidemment). A chaque fois, c’est un comme un petit dépassement de soi. Et une fierté supplémentaire. J’adore sentir que j’ai mal mais voir le dessin qui restera toute ma vie sur ma peau. Et quand on y pense, pour toute la vie, la douleur n’est pas si terrible.

Et puis j’aime l’ambiance, j’aime être là bas. Le bruit, l’atmosphère. Le fait d’être entouré de gens évidemment bienveillant par rapport à ça. Qu’on me fasse des compliments sur ceux que j’ai déjà. Sur ce que je veux faire. C’est très tourné vers l’égo tout ça, je suis bien d’accord avec toi. Mais c’est ça qui fait du bien. C’est que c’est une sorte de rite de passage. D’acte pour soi, sur soi. Et seulement pour soi.

Je vais finir sur le fait que forcément, esthétiquement je trouve ça aussi très beau. Tous ces dessins sur une peau. J’ai la chance d’en avoir qui sont dessiner par des amis et qui vont rester sur moi pour toujours. Et ça, je considère que c’est une chance incroyable. J’aime ces peaux griffonnées, ce petit coté badass aussi faut l’avouer. Qui contraste avec mon apparence (et pas que) toute calme et gentille. J’aime le côté loubard qui contraste avec la finesse des traits.

Pyélonéphrite j’écris ton nom.

Il y a des moments où nous sommes obligés de prendre conscience de notre corps. Parfois (et c’est une des meilleures choses du monde) quand nous arrivons à profiter de l’instant, à focaliser notre attention sur ces moments où nous nous sentons bien, où notre corps nous fait du bien. Les frissons qui granulent notre peau et la sensation de froid-joyeux-qui-nous-fait-esquisser-un-sourire qui les accompagnent. Cela peut être simplement un bien être général. Tu sais quand tu es content, que tu sens cette énergie en toi. Ou alors tu es épuisé mais tu es content quand même et même sans énergie, ton corps est détendu, serein. J’essaie de me souvenir de ces moments là pour me faire du bien. Parce que des fois, on tire sur la corde, et ton corps te fait comprendre que stop, tu ne peux plus là, il ne peut plus. Et là, tu te rends comptes que tu l’avais oublié, tu n’y avais pas (plus) fait attention (pardon.) Et il t’oblige à sentir tout ce qui se passe en toi. Tout ce qui déconne. Commence la fatigue, qui tire. Qui tire tellement mais tu continus. Parce qu’il faut, parce que t’as pas le choix (je sais) et parce que ça va, faut pas déconner tout le monde est fatigué, c’est la période, je sais, la période nulle, du froid, du vent, et de la nuit. Des maladies. Des épidémies. Et toi même tu sais que quand tu passes à travers, c’est ta petite victoire. Et d’un coup, sans crier gare ton corps merde. Mais genre sérieux. Des organes souffrent. Les picotements, les litres d’eau avalés pour faire passer les brulures, les tiraillements, les brulures encore et la fatigue. Puis la fièvre. Puis la douleur, et la douleur encore encore et encore. Insupportable. Le stresse, la peur. Mais tu n’as pas le temps d’avoir peur, parce qu’il faut prendre ton courage à deux mains et y aller. Aller te faire soigner, en urgence. Des cachets, beaucoup de cachets, des examens, des visites. Et encore la douleur. Et tu planes, et ça tourne, et ça fait moins mal, et dormir enfin. Tu sais qu’encore une fois, t’es passé à côté d’un truc qui aurait pu être grave. Mais ça va. Ca va passer. En attendant ton infection de fait coucou sur une echo à base de zones rouge plus ou moins délimitées qui bougent un peu. Salut toi, c’était donc toi qui me fait si mal, qui m’a fait si peur, qui m’a donné l’impression de mourir de douleur. C’était pas cool, et si tu ne pouvais jamais revenir, crois-moi, je ne dis pas non. Je te dirais même merci je crois bien. Parce que putain quoi. Les jours passent, ça va mieux, de jours en jours. Tu sais ces petits moments ou chaque instant sans douleur est une petite victoire. Et surtout un soulagement. T’enfiles un jean, tu passes l’aspirateur, et tu peux sortir, marcher, un peu.

Des ces moments ou tu ne peux rien faire, clouer par la douleur, tu te rends compte de tout ce que t’aurais pu faire avant en allant bien. Et c’est frustrant. J’aurais pu trouver la force de travailler plus, ou non en fait, trouver la force de ne pas culpabiliser et de me reposer plus. Et faire ce que je veux en fait. Mais vivre.

Et au moment ou tu recommences à vivre, tu pensais que c’était fini et il y a autre chose qui te tombe dessus, et ça crois-moi, tu ne l’auras pas vu venir. C’est ton moral qui dégringole, c’est l’angoisse qui prend le dessus, c’est ton esprit qui s’embrouille. C’est sentir que ton corps va mieux, mais que ta tête carrément pas en fait. Elle t’a laissé tranquille un moment, parce que ce n’était pas la priorité. Certes, avoue, t’as pleuré un peu en rentrant chez moi au milieu de la nuit, toi, ta douleur et tes questionnements. Mais elle t’a vite abandonné un peu, parce que fallait de l’énergie pour autre chose, t’avais une infection à combattre. Mais là, ça allait mieux, et elle lâche ce qu’elle a vécu en arrière plan ta tête, parce que c’est beaucoup pour une seule personne, trop pour moi en tout cas. Là ça craque. Et c’est le bordel, parce que la peur bon sang la peur, le stresse, l’angoisse de tout. La pression, l’attente. Tout revient, et tu sais que tu vas devoir recombattre tout ça une fois de plus. Mais une chose est sûre, c’est que tu as eu le garçon près de toi, tu as eu des amis pleins d’amour, des collègues incroyables et bienveillants et que ça personne ne pourra l’enlever. Même pas une tête qui déconne un peu.

Mon roi.

Des illusions. Une folie qui envahie, et qui fait croire. Elle trompe, voile, floute et surtout biaise. Trompe la réalité. Non pas la réalité, elle biaise la perception, la dynamique dans laquelle nous sommes. Prendre de l’envole, pour nous surplomber nous même. Et se rendre compte. Contrer le biais. Contrer le voile. Contrer le flou et la tromperie. Remettre son cerveau à l’endroit. Le rassurer. La folie oui, mais pas celle là. Toi aussi tu te dis que tu as assez donné pour elle ? Ok, alors viens, juste prends moi la main, on s’en va, on passe notre tours. On garde notre réalité, celle que l’on perçoit et dans laquelle on est bien. Notre bonne dynamique. Tu veux bien ?

 

Le flot s’est arrêté. Mettre son casque, pour arrêter de l’entendre. Et soudain c’est bon, la tranquillité, la quiétude est revenue. Un sourire se dessine sur les lèvres et penser à la minute d’après n’est plus effrayant. Ça va ? Ça va. Je crois que c’est fini. Finalement ça n’a pas duré si longtemps. C’est bien. Laisse toi emporter, écoute ces sons, laisse les frissons t’envahir. Tu sens comme c’est bon ? Tu le ressens aussi j’en suis sûre. Le moment post. Réussir, ouais putain, réussir. C’est le moment de faire un dab, de faire un putain de fuck, vas y. Vivre, être là, ne plus survivre. Nan c’est bon. Oui, t’as raison je crois que c’est bon.

 

Geste.

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Aujourd’hui j’ai repris la peinture.

Aujourd’hui je me suis foutue un coup de pied aux fesses.

Aujourd’hui j’ai été productive.

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Aujourd’hui je suis contente

Aujourd’hui j’ai donné le premier coup de pinceau d’une longue série et j’ai aimé ça.

Aujourd’hui j’ai retrouvé la sensation. La texture de la peinture aqueuse sur le papier.

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Aujourd’hui j’ai recommencé naturellement de superposé des couches et des couches de glacis et de jus.

Aujourd’hui j’ai sentie l’odeur de mes pinceaux tout usés.

Aujourd’hui je suis fière de moi.

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à l’orée de la chute/du sourire

p1120250-jpg_effectedPar moment, tu as beau donner le meilleur de toi même tu ne peux empêcher la chute, clairement tu te casses la gueule. Ça fait mal, putain ouais. L’envie de partir, loin, là ou personne ne me connait. Voyager, partir. S’évader. Je te promets que ce n’est pas une fuite. Je reviendrais. Enfin je crois. Mais tu vois toutes les bonnes résolutions ? Cette bonne énergie, ce déclic qui avait fait tant de bien ? Souviens-toi, parce que ces souvenirs sont doux et il va te falloir de la force. Il suffit d’une phrase, d’un mot et on retombe dans ses mauvais travers. Tu as vu comme c’est facile de retomber comme ça ? Ca ne prévient pas. Mais c’est pas grave hein ? Nan ce n’est pas grave, tu vas t’accrocher et tu vas avancer. Je. Ouais, je. Tu fais des efforts, et ça va aller, ce n’est pas possible que tout ça soit arrivé pour une courte période. Rouvre les yeux Mathilde putain. Oui, j’ouvre les yeux, il va falloir ressentir les saveurs. Vider la tête pour être capable de savourer un sourire. Le soleil va partir tu sais, je sais que ça t’angoisse. Mais ça va aller, pense à tes grosses écharpes, à tes pulls, à tes bottines. Tu le sais que j’aime ça, regarder le soleil, le sentir comme une main posée sur ma joue. Je vais essayer de te promettre un truc, c’est d’arrêter de me réfugier dans le fait que j’ai besoin de quelqu’un pour avancer, pour vivre. Promis. J’avais fait des pas de géants et parfois on recule. Mais c’est pas grave hein ? Nan c’est pas grave. Garde la confiance, surtout garde la tu m’entends ? J’enfile mon sweat Wear Lemonade. Mettre mon casque, de la musique à fond. Et bouger ses fesses. Sentir son corps si léger. Avancer, continuer d’avancer. C’est confus putain, pardon. Oui c’est confus, mais la confusion ça peut être chouette nan. La complexité ça peut être beau, c’est beau, fais-en quelque chose. T’entends là, ce moment dans ce morceau qui raisonne comme un gimmick qui te fait sourire en meme temps que les larmes peuvent apparaître. La libération tu vois. Alors souris, reprends ton courage, ton rouge à lèvre, tes pinceaux et avance ma fille. Le bout du tunnel vaut le coup, j’en suis sûre. L’été est fini et cette fin a rarement était aussi violente. Je ne m’y attendais pas. Mais les claques je commence a avoir l’habitude. Finalement avoir mal c’est peut être bon signe. Regarde comme tu es vivante. Comme tu ressens, sert-en bon sang. Aller, va courir sous la pluie, arrête de te regarder sous toutes les coutures. Trouves toi jolie tu m’entends ? C’est important. Reprends ton thé, tes bouquins. Tes post-it, annote partout. Continue l’huile seche sur tes jambes, ça sent les vacances. Encore un peu. Respire, ça va aller je te le promets. On ne va pas se laisser faire. Et ce sera une jolie année, avec pleins de choses à en retirer. Et des belles victoires au bout. Garde moi ce truc qui pétille dans tes yeux ok ? à toi de me le promettre maintenant, c’est important.