Pyélonéphrite j’écris ton nom.

Il y a des moments où nous sommes obligés de prendre conscience de notre corps. Parfois (et c’est une des meilleures choses du monde) quand nous arrivons à profiter de l’instant, à focaliser notre attention sur ces moments où nous nous sentons bien, où notre corps nous fait du bien. Les frissons qui granulent notre peau et la sensation de froid-joyeux-qui-nous-fait-esquisser-un-sourire qui les accompagnent. Cela peut être simplement un bien être général. Tu sais quand tu es content, que tu sens cette énergie en toi. Ou alors tu es épuisé mais tu es content quand même et même sans énergie, ton corps est détendu, serein. J’essaie de me souvenir de ces moments là pour me faire du bien. Parce que des fois, on tire sur la corde, et ton corps te fait comprendre que stop, tu ne peux plus là, il ne peut plus. Et là, tu te rends comptes que tu l’avais oublié, tu n’y avais pas (plus) fait attention (pardon.) Et il t’oblige à sentir tout ce qui se passe en toi. Tout ce qui déconne. Commence la fatigue, qui tire. Qui tire tellement mais tu continus. Parce qu’il faut, parce que t’as pas le choix (je sais) et parce que ça va, faut pas déconner tout le monde est fatigué, c’est la période, je sais, la période nulle, du froid, du vent, et de la nuit. Des maladies. Des épidémies. Et toi même tu sais que quand tu passes à travers, c’est ta petite victoire. Et d’un coup, sans crier gare ton corps merde. Mais genre sérieux. Des organes souffrent. Les picotements, les litres d’eau avalés pour faire passer les brulures, les tiraillements, les brulures encore et la fatigue. Puis la fièvre. Puis la douleur, et la douleur encore encore et encore. Insupportable. Le stresse, la peur. Mais tu n’as pas le temps d’avoir peur, parce qu’il faut prendre ton courage à deux mains et y aller. Aller te faire soigner, en urgence. Des cachets, beaucoup de cachets, des examens, des visites. Et encore la douleur. Et tu planes, et ça tourne, et ça fait moins mal, et dormir enfin. Tu sais qu’encore une fois, t’es passé à côté d’un truc qui aurait pu être grave. Mais ça va. Ca va passer. En attendant ton infection de fait coucou sur une echo à base de zones rouge plus ou moins délimitées qui bougent un peu. Salut toi, c’était donc toi qui me fait si mal, qui m’a fait si peur, qui m’a donné l’impression de mourir de douleur. C’était pas cool, et si tu ne pouvais jamais revenir, crois-moi, je ne dis pas non. Je te dirais même merci je crois bien. Parce que putain quoi. Les jours passent, ça va mieux, de jours en jours. Tu sais ces petits moments ou chaque instant sans douleur est une petite victoire. Et surtout un soulagement. T’enfiles un jean, tu passes l’aspirateur, et tu peux sortir, marcher, un peu.

Des ces moments ou tu ne peux rien faire, clouer par la douleur, tu te rends compte de tout ce que t’aurais pu faire avant en allant bien. Et c’est frustrant. J’aurais pu trouver la force de travailler plus, ou non en fait, trouver la force de ne pas culpabiliser et de me reposer plus. Et faire ce que je veux en fait. Mais vivre.

Et au moment ou tu recommences à vivre, tu pensais que c’était fini et il y a autre chose qui te tombe dessus, et ça crois-moi, tu ne l’auras pas vu venir. C’est ton moral qui dégringole, c’est l’angoisse qui prend le dessus, c’est ton esprit qui s’embrouille. C’est sentir que ton corps va mieux, mais que ta tête carrément pas en fait. Elle t’a laissé tranquille un moment, parce que ce n’était pas la priorité. Certes, avoue, t’as pleuré un peu en rentrant chez moi au milieu de la nuit, toi, ta douleur et tes questionnements. Mais elle t’a vite abandonné un peu, parce que fallait de l’énergie pour autre chose, t’avais une infection à combattre. Mais là, ça allait mieux, et elle lâche ce qu’elle a vécu en arrière plan ta tête, parce que c’est beaucoup pour une seule personne, trop pour moi en tout cas. Là ça craque. Et c’est le bordel, parce que la peur bon sang la peur, le stresse, l’angoisse de tout. La pression, l’attente. Tout revient, et tu sais que tu vas devoir recombattre tout ça une fois de plus. Mais une chose est sûre, c’est que tu as eu le garçon près de toi, tu as eu des amis pleins d’amour, des collègues incroyables et bienveillants et que ça personne ne pourra l’enlever. Même pas une tête qui déconne un peu.

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