Une semaine.

Ce texte a été écrit il y a plus d’une semaine, écrit à chaud (ou presque, puisque, une semaine) que j’avais envie de poster ici, de partager, malgré la pudeur :

Il y a une semaine j’étais là, à la même place. Et pourtant il y a tellement de différences. Une seule semaine. Il y a une semaine je travaillais, je stressais et je m’endurcissais. Il y a une semaine j’y croyais. Et il y a une semaine tout est parti : la carapace, la force, la ténacité, le travail, la force encore, l’envie, et surtout la confiance. Le néant, le vide, d’un coup, en un coup de téléphone tout est parti, envolé, dans les nuages. J’espère que quelqu’un aura pu les récupérer au passage, que ça n’ai pas servi à rien. Que cela puisse servir à quelqu’un d’autre. J’avais des cases remplies, je savais ce que j’avais à faire, pas besoin de réfléchir. Non ne réfléchis pas, avance. Et d’un coup, quelqu’un a appuyé sur le frein. Fort, trop fort. J’ai eu ce mouvement en avant, le mouvement du choc, il a duré plusieurs jours. Et puis j’ai eu le choc dans l’autre sens, celui ou tu reviens à ta place, et ça cogne, ça tape, tu as pris de la vitesse, ton poids fait que tu sais que tu vas te cogner le dos, et rien n’y fait. Tu ne pourras pas l’éviter. Quatre jours plus tard. Et maintenant, j’essaie de guérir du choc. Le choc c’est fatiguant, c’est épuisant, ça fait mal. Ça fait mal au corps, il lâche. Le pauvre, il a tellement tenu, tout au long de ces longs mois, ne surtout pas réfléchir, ne pas s’écouter. Ne pas l’écouter. Dormir quand même, au moins un peu. Mais sinon avance. Le coup de frein a été si brutal, je crois qu’il n’a pas compris, qu’il lui faut du temps. Il a pris l’habitude des coups, il en a reçu, même des violents, et pourtant à chaque fois, il a du mal. Mais c’est normal, qui peut le lui reprocher ? Ce serait triste, ce serait capituler de ne plus rien ressentir des chocs. C’est la preuve de sa vie. Il vit. Il est vivant, il ressent, il souffre. J’espère que bientôt il se détendra. Que la moindre parcelle de cellule ira mieux, ne s’affolera plus. Parce que je te le promets. Ca va aller, et je ne te laisserais pas tomber. Alors toi non plus. S’il te plait. Les muscles ont souffert je sais, eux non plus n’ont pas compris. Ces tiraillements, ces contractures et cette impossibilité de les laisser tranquille, de les détendre. Les organes ont subi les messages de détresse qu’involontairement je leur ai envoyé, eux aussi se sont contractés, ils ont eu mal, j’ai eu mal. Ils ont secrété leur liquide de défense. Je sais que tu n’y peux rien, que tu fais ça pour me protéger, mais arrête je t’en prie. Je t’assure que ça fait mal. Le cerveau a souffert évidemment, le pauvre, il doit envoyer les ordres et c’était vraiment le bordel, tu m’étonnes qu’il ai paniqué. Ça va ? Ça ne va pas ? Putain merde, il se passe quoi ? Pourquoi tout ça ? Ben je ne sais pas, je suis désolée, mais là quelques jours, je comptais sur toi pour te mettre en pilote automatique. Tu sais, juste te mettre en veille et faire en sorte que tout fonctionne quand même a peu près, mais me laisser tranquille. Tu n’as pas réussi, mais ce n’est pas grave, promis, je ne t’en veux pas. Et puis finalement il y a moi. Je ne sais pas tellement où je suis dans tout ça, c’est quoi ? C’est où ? La conscience tout ça, dans l’esprit ? Je peux l’atteindre ? Je peux en faire quelque chose ? J’en sais rien. Mais là aussi ça a pris des coups. Des tas de questions sans réponses ? Pourquoi moi ? C’est arbitraire ? C’est la loterie ? Putain comment ça se passe ? Parce que mon coup de pinceau c’est moi. Et donc ce qui est refusé c’est moi. Ce n’est pas juste. « Mais la vie est injuste mon ange » Je sais, mais quand même.

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