Dialogue intérieur

P1120037 copie

Le lien, les liens ne sont pas forcément nocifs tu sais ? On te parle de liberté, d’indépendance. Être capable, seule. Oui, mais des fois on ne peut pas. Et personnellement je ne peux pas. J’ai besoin. Sans doute paradoxale, j’ai besoin de sentir ce lien avec quelqu’un pour être libre. Je ne sais pas exactement ce que ça déclenche. Je ne suis pas sûre de pouvoir l’expliquer. Peut être une poussée d’ego ? un tabouret de confiance. Une bonde dans la baignoire que l’on enlève, l’eau s’en va. Un peu. Et puis d’un coup tu as pied. Et tu respires, librement, facilement, sans penser. Sans réfléchir à ta respiration. Sans la conscientiser. Les mouvements se font si naturellement. Ça libère hein ? Je sais. Comme une impression d’avoir plus de place dans le cerveau, dans la conscience. Un poids parti, envolé, parti en fumée lui qui était si lourd, si chargé, si corpulent, indigeste. Tu vois, ça va. Je te l’avais dit. Ben oui, mais tu ne m’écoutes jamais aussi. Fais-moi confiance et tu verras tout ira bien. On va y arriver. On y arrive même t’as vu ? On continu comme ça c’est tout. Tu as même le droit à une si belle aide. Tu vas enlever la béquille et tu vas voir. Ça va le faire. Ça va carrément le faire même. Tu vas ressentir à nouveau. Le lien sera doux, comme une caresse, tu la ressentiras doucement et pourtant si fort, et tu auras des frissons. Le lien, fort, vivant. Un sourire, une émotion, des frissons, des larmes en souriant, une sagesse, des conseils, de l’amour, beaucoup, un déclic, et puis de l’amour encore, des projets. Tu es enfin rentré dans la boucle ! la boucle si méliorative. Ne la lâche pas ok ? Vis. Juste vis d’accord ? Le reste, on s’en fou. Prends ce lien, danse avec, enroule le, souris lui, serre le fort. Il sera parfois fragile tu le sais, mais chéris-le. Regarde le, admire le. Il est beau hein ? Oui il est joli, touchant, précieux. Ne merde pas ok ? Pas cette fois-ci. Nan parce que t’as gouté à quelque chose de chouette, t’y as le droit. Alors continu. Et il fallait que je te dise, je suis fière de toi.

Une semaine.

Ce texte a été écrit il y a plus d’une semaine, écrit à chaud (ou presque, puisque, une semaine) que j’avais envie de poster ici, de partager, malgré la pudeur :

Il y a une semaine j’étais là, à la même place. Et pourtant il y a tellement de différences. Une seule semaine. Il y a une semaine je travaillais, je stressais et je m’endurcissais. Il y a une semaine j’y croyais. Et il y a une semaine tout est parti : la carapace, la force, la ténacité, le travail, la force encore, l’envie, et surtout la confiance. Le néant, le vide, d’un coup, en un coup de téléphone tout est parti, envolé, dans les nuages. J’espère que quelqu’un aura pu les récupérer au passage, que ça n’ai pas servi à rien. Que cela puisse servir à quelqu’un d’autre. J’avais des cases remplies, je savais ce que j’avais à faire, pas besoin de réfléchir. Non ne réfléchis pas, avance. Et d’un coup, quelqu’un a appuyé sur le frein. Fort, trop fort. J’ai eu ce mouvement en avant, le mouvement du choc, il a duré plusieurs jours. Et puis j’ai eu le choc dans l’autre sens, celui ou tu reviens à ta place, et ça cogne, ça tape, tu as pris de la vitesse, ton poids fait que tu sais que tu vas te cogner le dos, et rien n’y fait. Tu ne pourras pas l’éviter. Quatre jours plus tard. Et maintenant, j’essaie de guérir du choc. Le choc c’est fatiguant, c’est épuisant, ça fait mal. Ça fait mal au corps, il lâche. Le pauvre, il a tellement tenu, tout au long de ces longs mois, ne surtout pas réfléchir, ne pas s’écouter. Ne pas l’écouter. Dormir quand même, au moins un peu. Mais sinon avance. Le coup de frein a été si brutal, je crois qu’il n’a pas compris, qu’il lui faut du temps. Il a pris l’habitude des coups, il en a reçu, même des violents, et pourtant à chaque fois, il a du mal. Mais c’est normal, qui peut le lui reprocher ? Ce serait triste, ce serait capituler de ne plus rien ressentir des chocs. C’est la preuve de sa vie. Il vit. Il est vivant, il ressent, il souffre. J’espère que bientôt il se détendra. Que la moindre parcelle de cellule ira mieux, ne s’affolera plus. Parce que je te le promets. Ca va aller, et je ne te laisserais pas tomber. Alors toi non plus. S’il te plait. Les muscles ont souffert je sais, eux non plus n’ont pas compris. Ces tiraillements, ces contractures et cette impossibilité de les laisser tranquille, de les détendre. Les organes ont subi les messages de détresse qu’involontairement je leur ai envoyé, eux aussi se sont contractés, ils ont eu mal, j’ai eu mal. Ils ont secrété leur liquide de défense. Je sais que tu n’y peux rien, que tu fais ça pour me protéger, mais arrête je t’en prie. Je t’assure que ça fait mal. Le cerveau a souffert évidemment, le pauvre, il doit envoyer les ordres et c’était vraiment le bordel, tu m’étonnes qu’il ai paniqué. Ça va ? Ça ne va pas ? Putain merde, il se passe quoi ? Pourquoi tout ça ? Ben je ne sais pas, je suis désolée, mais là quelques jours, je comptais sur toi pour te mettre en pilote automatique. Tu sais, juste te mettre en veille et faire en sorte que tout fonctionne quand même a peu près, mais me laisser tranquille. Tu n’as pas réussi, mais ce n’est pas grave, promis, je ne t’en veux pas. Et puis finalement il y a moi. Je ne sais pas tellement où je suis dans tout ça, c’est quoi ? C’est où ? La conscience tout ça, dans l’esprit ? Je peux l’atteindre ? Je peux en faire quelque chose ? J’en sais rien. Mais là aussi ça a pris des coups. Des tas de questions sans réponses ? Pourquoi moi ? C’est arbitraire ? C’est la loterie ? Putain comment ça se passe ? Parce que mon coup de pinceau c’est moi. Et donc ce qui est refusé c’est moi. Ce n’est pas juste. « Mais la vie est injuste mon ange » Je sais, mais quand même.

SAEZ – Le manifeste

Je voulais partager des coups de coeurs, et Damien Saez en est un. Une relation un peu compliquée avec sa musique, avec son oeuvre, qui a eu tendance à pouvoir me tirer vers le bas tant les sensations étaient fortes et l’emporter sur le sentiment de beauté dans la mélancolie. J’ai grandi, et maintenant j’en suis capable, et il est de retour, avec Culture contre culture. Une énorme claque de beauté de ce poète, de cet Artiste. Moi qui aime tant la mer et les fleurs, attirée par une douce mélancolie il a réussi ce que je n’aurais sans doute jamais pu faire : allier le tout, dans une poésie, une esthétique, une beauté incroyable. Cet homme est tellement inspirant, touchant, sincère, en marge (dans le bon sens du terme). Une grande admiration pour ces quelques 8 minutes de vidéo que je trouve d’une puissance incroyable, d’une justesse dingue et qui me touche en plein coeur, veines, cerveau, esprit, tout ce que vous voulez.

Il y a des moments comme ça où, souvent inopinément, on tombe sur quelque chose qui vous bouleverse, qui vous fait avancer, qui vous inspire. Qui redonne de l’élan. Ce moment où sur la balançoire on a beau donner des coups de fesses et de bassins, rien n’y fait, tu restes sans élan. Et là tu tombes sur quelqu’un, quelque chose qui sans que tu t’y attendes te pousse, et tu ressens l’ivresse de la liberté, de ton corps en mouvement, dans l’air, de la pesanteur, du vent, de l’air. Damien Saez a été cet instant magique de ma journée, ce qui a fait redémarrer la petite machine dans ma tête, qui a fait s’ouvrir certains tiroir de création.

Petits bonheurs

  • La chaleur qui se répand dans le corps lorsque l’on boit un thé chaud alors qu ‘on avait un peu froid. Sentir les frissons se répandre partout.
  • Entendre les mots acoustique et linguistique
  • Les taches de rousseur
  • Mettre du rouge à lèvre
  • Manger des frites congelées
  • Sentir qu’il pleut quand je suis bien au chaud
  • Sentir un rayon de soleil qui réchauffe toute la peau et tout le cœur
  • Regarder les nuages. Quand ils ressemblent à une mer agitée.
  • La mer quand elle est verte et que les nuages sont gris et lourds
  • Sentir une odeur au détour d’une rue qui me rappelle quelqu’un ou un souvenir lointain
  • Mes cheveux qui partent dans tous les sens
  • Cuisiner pour les autres
  • Chanter des chansons qui font pleurer
  • Entendre une mélodie à en avoir des frissons tellement ça raisonne
  • Se prendre une claque de beauté
  • Quelqu’un qui me sourit dans la rue
  • Entendre le parquet qui craque et les odeurs de peinture d’un atelier
  • Entendre qu’il y a quelqu’un encore debout dans l’appartement ou la maison quand je m’endors
  • Écouter de la musique classique et sentir l’odeur des livres
  • Sentir les ronrons des chats vibrer contre moi
  • Sentir le relief d’une peau tout juste tatouée
  • L’odeur de la personne qu’on aime dans la salon, partout
  • Faire le tri
  • Recevoir un colis
  • Le rire de ceux qu’on aime

Nouvelle aventure

J’avais l’envie, l’envie de retrouver l’univers, de recentrer, le cocon. Déverser ou partager, montrer et présenter. Retrouver cette envie des années plus tard, sentir les doigts qui glissent tout seul sur le clavier, juste laisser le flot venir, sortir, le taper. L’envie de retrouver cette bulle remplie d’écrits, de babioles, de pensées, de poésie, d’état, de sentiment, de joie, de sourire, de peine, de colère, de peur. De vie quoi. Une bulle qui serait mon salon mais sur internet, et qui permet de mettre de l’ordre, surement. De m’exprimer à travers différents médiums. De la musique, des mots qui sonnent, qui sonnent comme vous voulez les faire sonner, des lignes, de la couleur, des formes, de la lumière, du geste. Les différents tiroirs des émotions, parfois trop fortes, trop présentes, trop denses, trop tout. Et puis des fois c’est le manque que l’on comble plutôt. Le vide, une vacuité inexplicable. Ou parfois les deux, le trop pleins de chose ajouté à la sensation de vide, de rien, de néant parfois et la froideur du trop. Il y aura du soleil, et parfois la nuit se posera par là, apaisante ou angoissante, un passage de nuage. Qui nous cache le soleil, mais qu’est ce que c’est beau aussi un nuage. Léger qui paraît pourtant parfois si lourd. J’avais envie d’un endroit où lover mon esprit, recroqueviller là et s’y sentir bien, son chez-soi. Alors bienvenue.